10 astuces pour bien enregistrer une chorale

Comment enregistrer sa chorale ? Voici 10 astuces pour bien enregistrer :

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1- Bien se préparer à enregistrer

Choisir le bon répertoire

il est conseillé de :

  • Choisir un répertoire pas trop difficile, et que vous avez déjà interprété en concert
  • Déterminer le nombre des morceaux à enregistrer, pour qu’ils tiennent sur un CD (40 mn minimum - 10 à 15 morceaux sont une bonne base)

Être prêt à enregistrer

Une bonne préparation est primordiale ! Il est important d’avoir bien répété, non seulement pour la qualité de l’interprétation, mais également pour préserver une atmosphère agréable pendant l’enregistrement.

Ainsi, s’entraîner par exemple à ne tenir pas les partitions à la main, dans la mesure du possible.

Il n’est pas toujours aisé d’apprendre les paroles par coeur ! Mais les partitions peuvent déjà être posées sur un pupitre… Si ce n’est pas possible, les insérer dans des pochettes plastifiées réduira de beaucoup les bruits parasites.


2- Choisir le bon endroit

Un bon enregistrement de chorale, c’est autant enregistrer la chorale que l’acoustique dans laquelle elle se trouve. Il n’est pas facile de changer l’acoustique une fois l’enregistrement terminé ! Aussi, il est très important de choisir le bon endroit pour enregistrer. Cela jouera un rôle majeur dans la facilité qu’auront les choristes à chanter, et sur le résultat final

En studio, ou sur site

Aller en studio pour enregistrer peut sembler logique, mais en réalité peu de studios disposent de l’espace et de l’acoustique nécessaire pour bien enregistrer une chorale. Et ceux qui sont adaptés sont souvent difficiles d’accès. Habituellement, en allant dans un studio, il n’y aura pas les avantages d’un espace plus grand :
 

• Laisser le son se développer
• Enregistrer tous les pupitres, en même temps
• Avoir suffisamment de place pour disposer les micros
• Garder de l’espace entre les choristes, les pupitres, et les instruments
• Être dans un environnement familier 
  (par exemple l’endroit où vous avez déjà donné un concert, ou répété)
• Bénéficier d’une approche naturelle, et non artificielle, et donc obtenir un meilleur rendu,

Pour la plupart des chorales, les meilleurs endroits pour enregistrer sont :

• les églises
• les chapelles
• les halls et salles de concert

Chaque style de musique chorale aura un lieu plus adapté. notamment en ce qui concerne :

•  la taille
• le temps de réverbération.

Certains styles de musique chorale se prêtent bien à un enregistrement en studio, mais pour la plupart ce n’est pas adapté. Passer de la sécheresse d’un studio d’enregistrement à l’acoustique spacieuse d’une église a souvent pour effet un changement radical ! En studio, il est toujours possible d’ajouter une réverbération, mais lorsqu’elle est totalement recréée, cela peut parfois être entendu de manière artificielle. De surcroît, un son « aéré » ne peut pas être reconstitué. Dans un lieu tel qu’un église, tout cela est obtenu de manière naturelle.

En savoir plus 
=> Studio d’enregistrement fixe, ou mobile, pour enregistrer notre chorale


Enregistrer son CD en concert, ou conditions studio

L’acoustique du lieu

L’acoustique du lieu d’enregistrement influencera sur :
• Le son de la chorale
• La performance de choristes

En fait, l’acoustique dans laquelle vous enregistrez peut être considérée comme un instrument d’accompagnement à part entière !

Le temps de réverbération

En général, plus la musique est lente, plus elle bénéficiera d’un temps de réverbération allongé.

Dans le doute, mieux vaut choisir une église pas trop grande, avec un temps de réverbération pas trop long (le mieux est de taper fort dans les mains, et compter 2 à 3 secondes pour l’extinction totale du son).

Bonne nouvelle : c’est le cas de nombreuses églises anciennes, en pierre !

La technique de prise de son multipiste consistant à enregistrer la chorale avec plusieurs micros, dont certains assez proches, permet aussi d’éviter de capter trop le son d’ambiance, et donc de réverbération. Le son d’ambiance sera enregistré séparément, et un équilibre entre les deux sera possible.

Il est toujours possible de rallonger le temps de la réverbération artificiellement, en utilisant les bons réglages. Alors qu’un temps trop long ne s’enlève pas, et « lessivera » littéralement le son. Certaines grandes églises ou cathédrales peuvent ainsi poser de réels problèmes !


Il faut aussi bien faire attention aux détails, qui pourraient facilement nuire à l’enregistrement, tel que les bruits intérieurs et extérieurs.

En savoir plus :
[comment choisir le lieu]


3- Équilibrer le choeur

Il faut s’assurer qu’aucune voix individuelle ne ressorte au-dessus des autres. La plupart des chorales professionnelles obtiennent un bon équilibre naturellement, car le nombre de chanteurs par pupitre et le nombre d’instruments ont été calibrés pour cela. Mais dans les chorales amateurs, ouvertes à tous, cela peut être plus compliqué. Par exemple, si le nombre de choristes est insuffisant pour certains pupitres, tel que celui des ténors. Ou si certains choristes chantent plus fort que d’autres…  

L’équilibre acoustique

En fonction de la technique de prise de son utilisée et de l’espace dans lequel le choeur se trouve, il faudra commencer par ajuster la disposition des choristes et des différents pupitres entre eux. Il en sera ensuite de même pour les solistes et instruments.

La prise de son stéréo

Avec une technique stéréo (c’est-à-dire à 2 micros, soit 2 pistes : droite et gauche), nous serons limités à l’équilibre acoustique. Il faudra éloigner ou rapprocher les choristes, solistes et musiciens des micros pour qu’ils soient équilibrés au mieux. Cela peut prendre un certain temps, car il faut s’assurer que tout soit parfait. Une fois la prise de son effectuée, rien ne pourra plus être changé !

La prise de son multipiste

Avec la technique multipiste, c’est-à-dire à plusieurs micros - 1 micro par piste (choeursenchanteurs dispose de 32 pistes) - , il y a beaucoup plus de flexibilité. Chaque micro permet d’avoir le contrôle sur ce qu’il enregistre spécifiquement. On peut placer ces micros « focus » sur les pupitres, les solistes, les instruments, l’ambiance de la salle… déplacer les micros, en rajouter… Ainsi, il sera possible de rééquilibrer ces éléments et d’en optimiser les sonorités ultérieurement, durant la phase de mixage.  

Plus d’informations : 
[Comment équilibrer les choeurs dans mon pupitre]


4- Choisir sa technique de prise de son favorite

Il y a de nombreuses façons d’obtenir une bonne prise de son pour une chorale. En fait, chaque ingénieur du son à sa propre technique !


Le placement des micros

D’une chorale à l’autre, le nombre de choriste et d’instruments diverge, la disposition et le lieu sont différents… Dans certains cas, cela peut même demander des qualités d’imagination. 

De deux micros plus ou moins espacés (couple XY, couple ORTF, Couple AB)… à plusieurs dizaines de micros sur pieds ou suspendus… - en faisant bien attention aux problèmes de phase -, en passant par des micros stéréo ou des configurations surround… tout est possible !

Ce qui compte réellement, c’est :

• Préserver un son d’ensemble et homogène pour la chorale
• Bien entendre la chorale, les solistes et les instruments
• Avoir un bon équilibre entre son direct, et son d’ambiance
• Obtenir une belle image stéréo

   

Un confort maximum

Et évidemment, obtenir le meilleur confort pour tous les participants. Car la technique doit toujours être au service de la musique, et non l’inverse. Il est essentiel que choristes et musiciens soient détendus et se sentent bien, pour pouvoir donner le meilleur d’eux-mêmes !

Plus d’informations : 
=> [Enregistrement de chorale : stéréo, ou multipiste ?]


5- Utiliser des micros adaptés

Il ne faut surtout pas utiliser de micros « dynamiques » - type SM58, ceux qui se tiennent normalement à la main - pour enregistrer un son d’ensemble de chorale.

Cela peut fonctionner dans certaines circonstances (chorale variété ou gospel, ou chaque choriste tient son micro, ou pour certains solistes). Mais ce sont des micros de proximité qui perdent leur sensibilité et les graves dès qu’ils sont éloignés de plus de quelques centimètres la bouche. 


Pour l’ensemble; le mieux est d’utiliser des micros électrostatiques à petite membrane. Ils ont une bonne sensibilité, et permettront de réaliser des couples de micros plus facilement qu’avec des micros électrostatiques à large membrane. De plus, ils réagissent mieux que ces derniers lorsque la source sonore n’est pas placée juste en face - ce qui est souvent le cas quand de nombreuses personnes chantent dans un grand espace réverbérant… -

En savoir plus : 
=> [Quels micros utiliser pour enregistrer votre chorale]

Appliquer la règle de 3

Pour les couples de micros stéréo :

• 3m devant les choristes
• 3m de hauteur 

Pour les autres micros 

•  3 fois la distance micro/source, (entre 2 micros « entendant » la même source)

afin d’éviter les problèmes de phase - phénomène acoustique qui provoque l’annihilation ou au contraire l’amplification excessive de certaines composantes du son

Les distances peuvent évidemment être plus grandes, et comme tout le monde le sait les règles sont faites pour être transgressées (pour qui sait ce qu’il fait)… Mais cela donne déjà une base qui permettra de capturer un son clair, sans trop de son d’ambiance.


6- Utiliser des micros d’ambiance

Il faut être attentif à ne pas enregistrer trop de son d’ambiance dans les micros de la chorale, afin de garder un son clair et dense. Le son d’ambiance ne peut plus être enlevé après. Il est préférable de disposer d’un couple de micros supplémentaires, uniquement prévu à cet effet.

Selon la sonorité du lieu, un couple de micros cardioïdes ou omnidirectionnels, placé loin de la chorale de manière à n’enregistrer que la réverbération naturelle et le son du lieu est l’idéal. Cela pourra même recréer un peu d’espace et de largeur supplémentaire.

L’équilibre entre ces micros sera réalisé ensuite, durant la phase de mixage en post production. Ainsi, il sera possible d’obtenir le bon dosage entre le son de la chorale (son direct) pour la clarté, et le son réverbéré (champs diffus) pour la magie


7- Utiliser des micros focus

Solistes et instruments

Les micros focus servent à équilibrer des éléments qui ne le sont pas naturellement. Il faudra en ajouter lorsque :

• il est prévu des solos,

• la chorale est accompagnée par des instruments

Le mieux est d’ajouter un micro pour chaque source qui devra peut-être être réajustée en volume, ou dont la sonorité devra être optimisée ultérieurement. Soit basiquement 1 micro par soliste - ou zone de soliste -, et 1 micro par instrument - voire plusieurs, selon l’instrument

En savoir plus : Combien de solistes dans votre chorale ?

Pupitres SATB

Les micros focus seront aussi utiles pour les groupes qui ont du mal à s’équilibrer.

En utilisant un micro focus par pupitre (par exemple en configuration SATB : soprano, alto, ténor, basse) en supplément d’un couple stéréo pour l’ensemble de la chorale, nous aurons plus de possibilités de contrôler l’équilibre ultérieurement, durant la phase de mixage. Bien entendu, il faudra placer ces micros au mieux pour ne capturer le plus possible que ce pupitre, mais sans non plus capter des voix particulières séparément… Par exemple :

• S’il manque des ténors, il sera possible de monter leur micro.
• Si à un moment les sopranos sont trop fort, il sera possible de les baisser.

L’autre avantage est d’éviter de perdre beaucoup de temps à l’installation et aux réglages, à essayer d’obtenir une balance parfaite - ou plutôt que l’on pense parfaite sur le moment - et qui ne pourra plus être modifiée par la suite.

Certains préfèrent une approche plus naturelle, sans micro pupitre… Mais il est souvent plus sage d’en installer quitte à ne pas s’en servir dans le mixage final, s’ils ne sont pas utiles. L’important est d’avoir des options.

D’autres pensent qu’il vaut mieux aller en studio et enregistrer chaque pupitre tour à tour, puis les juxtaposer… Mais cette solution ne recrée pas souvent un bon son de chorale, et pose de surcroît souvent de nombreux autres problèmes (synchronisation, durée de l’enregistrement, etc…)


8- Préserver un son naturel

La compression

Comme c’est le cas avec la plupart des musiques classiques, il est en principe mieux d’utiliser le moins de compression possible pendant l’enregistrement, afin de préserver toute la dynamique. Cela permet de grands changements de volumes, et aussi aide à compenser le fait que les choristes ont tendance à chanter de plus en plus fort, au fur et à mesure que leurs voix se chauffent.

L’égalisation

L’égalisation devra être utilisée pour obtenir un résultat naturel. Elle peut servir à corriger un placement de micro qui n’est pas optimal, sculpter la tonalité, ou augmenter la définition. Il faut s’en servir avec précaution, cependant un enregistrement déficient peut être sauvé par une bonne égalisation.

La réverbération

En savoir plus : 
=> [La postproduction : Obtenir le meilleur son]  


9- Prévoir de nombreuses pauses

Il est important de donner aux choristes de nombreuses pauses, pour les aider à ne pas se fatiguer, et préserver leur moral ainsi que leur qualité de voix.

Les sessions d’enregistrement demandent un niveau de concentration élevé. Et elles peuvent être bien plus longues et éprouvantes qu’un concert. Notamment avec la possibilité de recommencer plusieurs fois les chants, ou des parties de chants, pour en sélectionner les meilleurs passages, les assembler, et ainsi optimiser l’interprétation

Parfois il n’y a besoin que d’une prise supplémentaire pour que ce soit parfait. Mais si les chanteurs se fatiguent, même en refaisant plusieurs prises, il n’y aura plus possibilité d’obtenir quelque chose de bien. C’est la raison pour laquelle il peut être préférable de prévoir un enregistrement sur 2 journées, voire plus.

Au final, s’assurer que les chanteurs sont bien reposés est beaucoup plus efficace. Ils seront capables d’enregistrer plus de matière, en moins de prises. Cela réduira leur fatigue, et également la complexité du montage ( c.-à-d. l’assemblage des bonnes prises entre elles)

En savoir plus : Bien se préparer pour enregistrer


10- Se familiariser avec de bons enregistrements

Si vous n’avez jamais réalisé d’enregistrement de qualité, la meilleure chose à faire est de commencer par écouter de bons enregistrements de chorale.

Il y a de nombreux bons enregistrements de chorale, et ce n’est pas réservé uniquement aux professionnels ! Commencez par venir écouter des exemples sur notre site choeursenchanteurs [Écouter des extraits]. Et prenez de l’inspiration avant de vous lancer dans votre propre projet. Imaginez, une fois terminé, le plaisir de vos chanteurs de voir leur travail récompensé par un superbe disque, et celui de votre entourage ! Sans compter, bien entendu, celui de votre public actuel, et futur…

En savoir plus :
=> Écouter des extraits audio

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Conclusion

Une fois familiarisés avec la façon de faire un bon enregistrement de chorale, ces techniques peuvent être appliqués à beaucoup d’autres situations.

Par exemple, si vous devez enregistrer un groupe en live, vous penserez à la façon dont vous avez placé les micros pour équilibrer son direct, et champ diffus lors de votre dernier enregistrement de chorale. Ou si vous devez enregistrer une batterie, vous pourrez utiliser une technique de prise de son stéréo similaire.

Développer vos connaissances sur la façon de capturer un bon son en live, dans un espace réverbérant, peut beaucoup vous apporter pour faire de meilleurs enregistrements d’un autre type.

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